Sommeil et soins respiratoires

L’asthme chez l’enfant

Sommeil et soins respiratoires

Article

Contactez-nous

Contactez-nous

Comment aider les enfants souffrant de troubles respiratoires à aborder sereinement la rentrée

 

Livres, trousses, crayons... Le rite de passage annuel de la rentrée approche à grands pas. S’il est plein de promesses, le retour à l’école peut aussi être source d’appréhensions pour les enfants. Le Dr Lee-Chong Teofilo, médecin-chef consultant pour Philips, saisit cette occasion pour réfléchir aux difficultés particulières rencontrées par les enfants atteints de maladies présentes au quotidien comme l’asthme, et à ce que nous, parents et personnel soignant, pouvons faire pour les aider.

Septembre
Le mois de septembre est tout autant attendu avec impatience que redouté par les adolescents. L’été s’achève, une nouvelle année scolaire commence. Avec de nouveaux professeurs, de nouveaux camarades de classe. Et pour beaucoup, c’est aussi la reprise des activités sportives. Un sentiment naturel de peur (peur du changement, de la nouveauté et de l’inconnu) peut côtoyer le sentiment que tout est possible à courte échéance.

Dans cette période parfois vécue comme un moment stressant, les enfants qui doivent gérer des maladies chroniques quotidiennes comme l’asthme peuvent avoir l’impression de porter un fardeau supplémentaire. Pour les parents, les cliniciens et tous ceux qui s’occupent des jeunes, la question se pose de savoir comment soutenir les enfants de manière holistique. Comment pouvons-nous non seulement offrir le meilleur traitement thérapeutique, mais aussi donner à nos enfants les moyens de vivre une vie saine, heureuse et active tant au niveau du corps que de l’esprit ?

 

Au cours de mon expérience clinique, j’ai vu de mes propres yeux l’impact psychologique de pathologies courantes et souvent considérées inoffensives, comme l’asthme, sur les enfants . Souvent, ces maladies sont tout à fait gérables et même évitables avec des médicaments et des mesures préventives. Et pourtant, elles continuent de nuire au bien-être de beaucoup des enfants.

Football
Quelques lieux communs peut-être évidents : les enfants n’aiment pas se sentir mal. Ils n’aiment pas non plus avoir l’air malades. Ils ont une conscience sociale. Ils ne veulent pas être freinés ou limités en ce qui concerne les choses qu’ils aiment et qu’ils voient les autres enfants faire. En général (c’est ce que nous souhaitons), ils veulent obtenir de bons résultats en sport et à l’école, être aimés et se sentir intégrés. Or, leur estime de soi varie et peut être fragile. Ils peuvent être sensibles aux apparences et être extrêmement conscients de leur image et de tout ce qui pourrait être perçu comme étant en dehors de la “norme”, comme le simple fait de prendre un traitement par inhalation devant les autres.
En tant qu’adultes, nous devons être sensibles à l’impact que des maladies comme l’asthme peuvent avoir sur le bien-être et le développement mental de nos enfants. Dans cette optique, les professionnels de santé ont un rôle majeur à jouer à travers les soins et les conseils donnés aux parents et à leurs enfants atteints d’asthme.

Vous trouverez ci-dessous quelques pratiques de base pour atténuer l’impact que les maladies respiratoires chroniques peuvent avoir sur la vie quotidienne des enfants, à l’école et au-delà.

Cercle numéro 1

La transmission d’informations est cruciale. 

Encouragez les parents d’enfants asthmatiques à informer de façon proactive l’enseignant et le personnel infirmier scolaire. Bien qu’il existe des médicaments pour contrôler l’asthme, des exacerbations et des crises peuvent se produire et nécessiter une intervention aiguë ou urgente. Les professionnels à l’extérieur de la maison doivent être tenus au courant, pour être prêts à intervenir en cas de besoin.
Cercle numéro 2

Ayez toujours les bons outils à disposition.

Il est important d’avoir le bon traitement à portée de main à tout moment. Les inhalateurs doivent rester propres et secs, exempts de poussière et de saleté. Et surtout, ils doivent être accessibles. Conseil pratique aux parents : veillez à ce que l’inhalateur accompagne l’enfant à l’école ou ailleurs en le glissant dans un sac de congélation transparent.
Cercle numéro 3

Préparez des paroles d’encouragement et un plan.

En tant qu’adultes, nous comprenons intellectuellement que l’utilisation d’un traitement est simplement une nécessité et qu’il n’y a pas de honte à avoir. De même, les enfants ne devraient pas ressentir de gêne vis-à-vis de leur inhalateur, parce que ce traitement est parfaitement normal.

 

Si l’enfant est embarrassé outre mesure, encouragez le parent à se rapprocher du personnel infirmier scolaire, du psychologue et/ou des enseignants pour élaborer un plan. Identifiez les zones de l’école qui sont privées ou semi-privées et désignez-les comme des endroits où se rendre pour administrer le traitement par inhalation de l’enfant. La sensibilisation des enseignants et de l’administrateur de l’école au “plan de protection de la vie privée” favorisera une meilleure expérience lorsqu’une exacerbation se produit, avec un personnel scolaire en mesure d’aider l’enfant à rejoindre rapidement un lieu privé, plutôt que de l’interroger, voire de le réprimander.

Cercle numéro 4

Éducation physique.

Encouragez les parents et leurs enfants à connaître et à éviter les déclencheurs qui pourraient précipiter une crise d’asthme. Le tabagisme doit être évité à tout prix. Faites attention aux parfums et odeurs fortes qui peuvent entraîner des problèmes. Les jours à forte densité de pollen, encouragez les activités intérieures lorsque cela est absolument nécessaire. La recherche montre l’existence d’une corrélation entre obésité et asthme, alors encouragez l’exercice physique et les activités telles que le jeu dans des aires de jeu et le sport organisé. Ne les éliminez pas purement et simplement en raison de l’asthme. Trouvez le moyen, en collaboration avec votre médecin et les professionnels, de les intégrer de manière sûre et bénéfique pour la santé.
Cercle numéro 5

L’ignorance n’est pas la solution.

Enfin, ignorer purement l’asthme n’est pas la solution. L’asthme, s’il n’est pas géré et traité correctement, peut avoir de graves conséquences sur la santé. Il faut tout un village : les médecins/cliniciens, le personnel infirmier scolaire et les parents doivent travailler ensemble pour gérer l’asthme de l’enfant de manière productive et cohérente.

 

Bien géré, il n’y a pas de raison que l’asthme limite les plaisirs et les joies de l’enfance, ni qu’il aggrave les aspects stressants. En tant qu’adultes, il est de notre rôle d’aider à comprendre l’asthme de notre enfant et de prendre des mesures pour l’aider à le contrôler et à le gérer : pour que l’enfant pense moins à sa maladie, mais davantage à vivre de nouvelles expériences passionnantes au quotidien.